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Huile Optima de Biocalma : composition, analyse de lot et prix

LR Par La rédaction Mis à jour le 14.08.2026 · lecture 10 min

La gamme Optima est la partie de Biocalma qui attire le plus de recherches, et c’est aussi celle sur laquelle les pages disponibles en ligne racontent le plus de choses invérifiables. Nous n’avons testé aucune de ces huiles. Vous ne trouverez donc ici ni note, ni classement, ni retour d’usage.

Notre travail a consisté à ouvrir les fiches produit, à télécharger le bulletin d’analyse que la marque y publie, à le lire ligne à ligne, et à confronter ce qui y figure aux textes qui encadrent la vente de cannabidiol en France et dans l’Union européenne. Voici ce que cet examen donne, limites comprises.

01Qu’est-ce que l’huile Optima de Biocalma ?

Optima est la gamme que Biocalma destine au contrôle de l’éjaculation. Elle compte trois huiles sublinguales à 10, 20 et 30 % de cannabidiol, en flacons de 10 ml, vendues 39,90, 69,90 et 89,90 euros. La formule associe huile de chanvre, clou de girofle et racine d’angélique. Le chanvre est suisse, l’embouteillage se fait à Lannion.

Les trois références partagent la même base et ne se distinguent que par la concentration. La fiche annonce environ 200 gouttes par flacon, ce qui donne une dose par goutte simple à recalculer, et un prix au milligramme qui n’est pas linéaire.

Référence Prix CBD annoncé Par goutte Prix pour 100 mg
Optima 10 % 39,90 € 1 000 mg / 10 ml 5 mg 3,99 €
Optima 20 % 69,90 € 2 000 mg / 10 ml 10 mg 3,50 €
Optima 30 % 89,90 € 3 000 mg / 10 ml 15 mg 3,00 €

Le flacon le moins cher est donc le plus cher au milligramme, avec un tiers d’écart entre le 10 % et le 30 %. C’est un calcul que personne n’affiche et qui change la lecture des prix, quelle que soit la marque.

02Qui édite la marque

Biocalma est une société par actions simplifiée au capital de 3 000 euros, immatriculée au registre national des entreprises le 16 mars 2023, sous le SIREN 949 833 453, avec un siège au 17 boulevard de Berlin à Nantes et un code d’activité 47.91A, vente à distance sur catalogue général. Le répertoire la classe comme unité non employeuse, ce qui indique que la production est confiée à des tiers et ne dit rien de la qualité du produit. La marque annonce de son côté une fabrication et une mise en bouteille à Lannion, en Bretagne, à partir de chanvre suisse issu de l’agriculture biologique.

Ces éléments sont publics et consultables en quelques secondes. Sur un marché où beaucoup de sites ne donnent aucune identité vérifiable, une société identifiée, un siège réel et un dirigeant nommé constituent déjà un point de départ vérifiable.

03Que dit le bulletin d’analyse publié sur la fiche

Chaque fiche Optima donne accès à un bulletin d’analyse en deux pages, émis par le laboratoire LEAF, installé à Boissy-Saint-Léger. Nous avons ouvert celui de l’Optima 10 % et celui de l’Optima 30 %. Ce ne sont pas des documents génériques : chacun porte un numéro de bulletin, le nom du produit, un numéro de lot, une méthode d’analyse et une signature horodatée.

Le bulletin de l’Optima 10 % porte le numéro 2026-OA10909, le lot CHUI19.0001, une quantification par chromatographie liquide HPLC-DAD, et une signature électronique du 23 juillet 2026. Voici ses résultats.

Analyte Résultat (% m/m) Limite de détection
CBD total 10,49 0,006
THC total non détecté 0,006
Delta-8-THC non détecté 0,006
CBN 0,57 0,006
CBG total 0,55 0,006
CBC total 0,51 0,006
CBDV total 0,05 0,006

Deux enseignements se dégagent. Le premier : la teneur mesurée est cohérente avec l’étiquette. Le lot analysé de l’Optima 10 % titre 10,49 %, soit un peu au-dessus de l’annonce. Celui de l’Optima 30 %, bulletin 2026-OA10911, lot CHUI21.0001, titre 29,05 %, soit un peu en dessous. Dans les deux cas l’écart reste sous 5 % en relatif. Ce point mérite d’être souligné : l’Anses et l’ANSM ont relevé le 19 juin 2025 que huit produits sur dix présentaient une teneur différente de celle affichée sur l’étiquette.

Le second : la mention de spectre large est corroborée par le document. Le bulletin détecte du CBN, du CBG, du CBC et du CBDV en plus du CBD, sans aucun THC quantifiable. Cette signature correspond bien à un extrait débarrassé du THC mais pas des autres cannabinoïdes.

04Ce que ce bulletin ne couvre pas

Le périmètre des deux bulletins se limite au profil cannabinoïde. Aucune recherche de pesticides, aucune recherche de métaux lourds, aucun dosage de solvants résiduels, aucun contrôle microbiologique, aucun profil terpénique. Sur un produit destiné à être avalé, ce sont pourtant les analyses qui documentent le risque de contamination, et elles restent absentes.

Deuxième limite, écrite par le laboratoire lui-même en bas de page : le bulletin n’est valable que pour le lot soumis au moment de l’analyse. Rien ne garantit que le flacon reçu porte le lot CHUI19.0001 ou CHUI21.0001. Le document sert de preuve pour un lot passé, pas de garantie permanente.

Troisième limite, plus discrète. Le bulletin exprime ses résultats en pourcentage massique, alors que la fiche annonce des milligrammes par flacon. Passer de l’un à l’autre suppose de connaître la densité de l’huile, que la marque ne publie pas. Les 1 000 mg annoncés ne peuvent donc pas être recalculés à partir du seul bulletin.

05« Pressée à froid » : ce que l’expression dit et ce qu’elle ne dit pas

La marque met en avant une pression à froid, réalisée selon elle avec des machines brevetées, et en fait son principal argument de différenciation. L’expression n’est pas une désignation réglementée pour une huile de CBD, et elle ne suffit pas à décrire le procédé complet.

La fiche Optima le montre d’ailleurs sans détour : la marque précise avoir ajouté une étape de filtration destinée à ramener le taux de THC à zéro. Un extrait à spectre large, par définition, résulte d’une purification qui va au-delà d’un simple pressage. Les deux affirmations ne se contredisent pas, mais elles décrivent une chaîne de fabrication plus longue que ne le laisse entendre la formule commerciale.

Reste l’argument classique en faveur du froid, la préservation des composés volatils. Les bulletins publiés ne mesurent pas les terpènes. Cet argument n’est donc pas documenté par les analyses mises en ligne, ce qui n’en fait pas une affirmation fausse, seulement une affirmation non vérifiée.

06Trois mentions de la fiche à corriger ou à nuancer

Le seuil de THC annoncé est périmé. La foire aux questions de la fiche Optima 10 % évoque « la limite maximale de 0,2 % de THC ». Le seuil applicable en France est de 0,30 %, fixé par l’arrêté du 30 décembre 2021. L’erreur va dans le sens de la sévérité et n’a aucune conséquence pour l’acheteur, mais elle date la page.

Les formulations sur le THC ne se recoupent pas. La fiche affiche « 0 % THC » à un endroit, « moins de 0,05 % de THC » à un autre. Le bulletin, lui, est plus précis que les deux : THC total non détecté, avec une limite de détection à 0,006 % massique. Le document vaut mieux que l’argumentaire qui l’accompagne.

Le statut du produit reste fragile, et ce point dépasse largement Biocalma. Une huile sublinguale est un produit ingérable. Or le cannabidiol n’est pas autorisé comme nouvel aliment au titre du règlement européen 2015/2283. La fiche porte pourtant la mention « ne se substitue pas à une alimentation variée et équilibrée », formulation propre aux compléments alimentaires. La conséquence pratique pour le lecteur est simple : aucune allégation de santé ne peut être portée sur ces produits, et toute page qui en formule une sort du cadre.

07Les quantités annoncées, comparées au repère européen

La fiche indique un usage de trois à quatre gouttes matin et soir, et fixe un plafond de 300 mg de cannabidiol par jour sauf avis médical. À partir de la dose par goutte, ces chiffres deviennent comparables au seul repère quantitatif publié par une agence européenne : l’apport journalier provisoire retenu par l’EFSA, de 0,0275 mg par kilo, soit environ 2 mg pour une personne de 70 kg.

Référence Par goutte 6 à 8 gouttes par jour Rapport au repère EFSA
Optima 10 % 5 mg 30 à 40 mg 15 à 20 fois
Optima 20 % 10 mg 60 à 80 mg 30 à 40 fois
Optima 30 % 15 mg 90 à 120 mg 45 à 60 fois

Ce calcul n’est pas un reproche adressé à cette marque en particulier. La quasi-totalité des flacons vendus en France conduirait au même ordre de grandeur, et le repère de l’EFSA ne vaut que pour une pureté supérieure à 98 %. Il sert à situer une échelle que presque aucune page d’avis ne donne. Nous n’en tirons aucune recommandation de dose, et ces chiffres restent ceux de la marque.

08Ce que personne ne peut établir, nous compris

L’efficacité annoncée sur la durée des rapports ne repose sur aucune littérature clinique. Une recherche sur PubMed croisant cannabidiol et éjaculation précoce ne renvoie aucun résultat. Il n’existe donc pas d’essai publié sur lequel appuyer une conclusion, ni dans un sens ni dans l’autre, et les huiles à visée intime se trouvent toutes dans cette situation.

Les notes affichées sur les fiches produit sont hébergées par la marque sur son propre site. Elles ne constituent pas une source indépendante, quelle que soit leur valeur. Nous n’avons pas pu ouvrir le profil de la marque sur la plateforme d’avis externe, qui refuse l’accès automatisé, et nous ne reprenons donc aucun chiffre à ce sujet. Les pages d’avis concurrentes que nous avons croisées avancent des volumes d’avis contradictoires, ce qui suffit à les écarter.

Enfin, nous n’avons vu que deux bulletins, pour deux lots, à une date donnée. C’est déjà plus que ce que publie la majorité des marques, et beaucoup moins que ce qu’il faudrait pour parler de constance dans le temps.

09Ce que vous pouvez contrôler seul sur n’importe quelle fiche

La méthode appliquée ici se transpose telle quelle à n’importe quelle huile, et vous évite de dépendre d’un avis extérieur pour reconnaître une boutique sérieuse.

  1. Cherchez la dose par unité, pas seulement le pourcentage. Une concentration seule ne dit rien tant qu’on ignore le volume de la goutte.
  2. Ramenez le prix à 100 mg de cannabidiol. Le classement des flacons change souvent.
  3. Vérifiez que le bulletin porte un numéro de lot, une date et une méthode. Sans ces trois éléments, ce n’est pas une analyse, c’est une image.
  4. Regardez le périmètre du bulletin. Cannabinoïdes seuls, ou aussi pesticides, métaux lourds et solvants.
  5. Comparez les mentions réglementaires de la fiche au droit en vigueur. Un seuil de THC obsolète signale une page qui n’a pas été relue depuis longtemps.

10Précautions à connaître avant tout achat

L’ANSM a publié le 11 mars 2025 une liste de dix-sept catégories de médicaments présentant un risque d’interaction avec le cannabidiol, en précisant que cette liste n’est pas exhaustive, et a rappelé que les centres antipoison avaient recensé 58 cas entre 2017 et 2023. Toute prise concomitante d’un traitement relève d’un avis médical, et nos pages sur les contre-indications détaillent ces situations.

L’Anses et l’ANSM ont par ailleurs signalé le 19 juin 2025 plusieurs centaines d’intoxications depuis le début de l’année 2024, liées principalement à des cannabinoïdes de synthèse ou à des produits dépassant le seuil légal de THC. C’est précisément pour cela que le bulletin de lot compte davantage que le discours de la fiche.

L’EFSA rappelle enfin que la sécurité du cannabidiol n’est pas établie chez les moins de 25 ans, chez les femmes enceintes ou allaitantes, ni chez les personnes sous traitement.

La rédaction

La rédaction

La rédaction de TheGreenCBD écrit et met à jour les articles du site à partir de sources publiques : textes officiels, décisions de justice, avis des agences sanitaires, études publiées, fiches produit et bulletins d'analyse. Les articles ne sont pas attribués à une personne en particulier. Notre méthode est décrite sur la page « Comment nous travaillons ».


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Information & non-prescription · Réservé aux adultes 18+ · Aucune allégation thérapeutique · THC ≤ 0,3 % · Demandez un avis médical